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Quelques
fragments de la lecture vivante du travail sur brebis selon J-P, 88
ans…
Bonjour
à tous, Un
jour de 1912, un petit garçon est né, quelque part, dans le canton du
Valais, en dessus d’Anzère. Sa famille est très pauvre et n’avait
que des brebis, des lapins pour survivre. Dès
son plus jeune âge, il se met à garder des troupeaux avec comme seul
aide des chiens qui venaient de ci, de là. Un
jour de mars 2008, j’entends parler de ce monsieur qui vit tout là-haut
dans la montagne. On
me dit qu’il est un peu fou et qu’il est très solitaire. Qu’il
n’est jamais descendu de sa montagne. On rajoute, il avait un chien
gris qui ressemblait un peu au votre il y a plusieurs années. Après
quelques renseignements, je me décide d’aller voir ce monsieur qui a
une centaine de brebis. Mais
pour aller là-bas, il faut le vouloir et impossible d’y accéder en
voiture. Et il y a encore beaucoup de neige. Après
une heure de marche, j’arrive enfin devant un mayen, j’entends des
bruits de cloches, de moutons. Je prends mon souffle et mon courage et
je me déplace vers un monsieur, que la dureté de la vie, a marqué. Je
ne suis pas bien reçu et l’on peut sentir que ma présence le dérange.
Soudain, il regarde mon chien et me dit « Il est à qui lui »…puis
il dit « lâches-le », je veux le voir… Résultat
laborieux pour moi, j’en avais les larmes aux yeux. Lui comme seul réponse
m’a dit, il me plaît bien. Reviens en avril si tu le veux.
Apportes-moi un kg de pain et une bouteille de rouge et il est repartit
s’occuper de son feu. Depuis
ce jour-là toute ma vision sur le troupeau a changé et je le dois
beaucoup à lui. Au-delà de sa dureté apparente, il m’a donné une
leçon de vie. J’ai
longtemps hésité à écrire cet article. Est-ce que les lecteurs vont
comprendre ce que j’essaie de faire passer. Je commencé à écrire,
puis j’ai recommencé, et encore !
Je ne trouvais pas la justesse de ses paroles, comment écrire un
article que tout le monde peut lire et surtout, en retirer un peu du
message qu’il m’a transmis. La
revue RACP, c’est pour les passionnés des 4 races, et tout le monde
n’est pas plongé dans le monde du troupeau. Mais
comment ne pas partager cette sagesse auprès de mes amis. Ces mots qui
m’ont simplement changé ! Mais il m’a tant appris. Alors
Amis du monde du troupeau, Amis de la RACP, je vous offre aujourd’hui
un peu de ses connaissances. Je vous ouvre un peu du « livre de
vie du Petit Bleu », je vous mets au rythme des rencontres les,
moments les plus marquants... Bonne
lecture. Amitié
à vous tous. Steve.
Extrait
du Carnet de bord « du Petit Bleu ». Mai
2008 à 86 ans:
« Enlèves
ta montre et oublies le temps et sa valeur au 21 siècle ». Il est
tout autre ici chez moi, et apprends que mes moutons n’ont pas besoin
de montre.
Pourquoi
as-tu deux chiens ? A
partir d’aujourd’hui, tu lâches ta chienne avec ton chien. L’équilibre
doit aussi se faire dans ce sens-là. Un chien qui ne travaille pas, ne
sert à rien chez moi. Ils
doivent apprendre aussi à travailler ensemble. Septembre
2008 : Mets
ce foulard sur les yeux et assieds-toi. Maintenant avant de travailler,
écoutes les brebis, écoutes leurs cloches… Dis-moi
combien de brebis tu penses entendre ? Dis-moi combien de brebis tu
as compté avant de commencer ? Maintenant,
lâches ton chien et écoutes. Nous allons rester ici aujourd’hui vers
cette forêt. Et tu vas juste utiliser l’ordre « doucement ».
Remets ton foulard et utilises cet ordre seulement quant tu entends les
cloches des brebis sonner un peu plus fort… Tu
vois, ça fait peut-être une heure que tu es comme ça, enlèves ton
foulard et regardes. Mes brebis sont là, ton chien est calme et il a
fait son travail de « berger des Pyrénées » dans la réalité
du terrain. Tu
n’as plus besoin de le regarder aujourd’hui, tu peux lui faire
confiance… De
septembre 2008 à août 2009 : Continues,
continues, continues, travailles, trouves le juste équilibre… Septembre
2009:
Tu
mesureras la valeur de tes amis. Que ce soit au niveau des propriétaires
des brebis (dont tu
t'occupes des bêtes) ou des personnes dans
le monde des concours par exemple. C'est dans ces moments-là que tu
pourras vraiment mesurer la valeur de tes amis... Les
amis n’ont pas de prix. Moi
je veux être là en tant qu’ami (dans
ta pensée) quant ça arrivera.
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